I-Le commerce équitable: un modéle alternatif positif

1-Pourquoi le commerce équitable est-il né ?

 

 Au cours des dernières années, le commerce international a eu une forte croissance et est à l’origine d’une importante augmentation des revenus d’une partie de la population mondiale mais en excluant les pays du Sud, les moins développés.

 

Au sein de l’Union Européenne, la Politique Agricole Commune (PAC) a mis en place des dispositifs qui assurent des rémunérations justes et régulières aux producteurs agricoles. Elle y est parvenue en agissant, dans l’espace européen, sur les prix ou sur les quantités. Au niveau international, cette solidarité n’existe pas, ni la capacité de réguler les quantités, comme l’ont montré les difficultés qu’ont les pays producteurs à instaurer des quotas de production permettant d’éviter la tendance à la surproduction.

Par exemple pour le cas du café, parmi les producteurs 70% sont qualifiés de « petits producteurs » : ils exploitent des surfaces de moins de 10 hectares. Quant aux importateurs, plusieurs multinationales, la plupart du temps étrangères au pays producteur, se partagent le marché. Elles revendent ensuite le café aux distributeurs des pays développés beaucoup plus cher qu’elles ne l’ont acheté aux petits producteurs, pour pouvoir ensuite profiter d’une grande marge de bénéfice.

Les productions des pays du sud sont cotées sur le cours des matières premières. Elles sont évidemment sujettes à la spéculation. Les investisseurs sont capables d’en acheter des stocks importants dès qu’une rumeur fait état d’une hausse anormale. Quand les circonstances de la météo (gel, inondation ou sécheresse) laissent prévoir une mauvaise récolte et que les cours sont censés s’envoler, des achats et des ventes massives ont lieu...

Jusqu’en 1989, un accord sur les prix entre les pays producteurs et les pays importateurs fixait des limites supérieures et inférieures. A partir du 4 juillet 1989, le prix du café a commencé à varier librement, car les parties opposantes n’ont pas réussi à trouver un nouvel accord. En revanche, les pays exportateurs ont alors mis sur le marché les stocks dont ils disposaient : une baisse importante des prix s’en est suivie. Depuis lors, un groupe de pays producteurs a réussi à établir des règles limitant les possibilités de stockage des pays importateurs. Le commerce équitable est né dans le but de faire obstacle à ce système en donnant aux petits producteurs des revenus stables quel que soit le cours des matières premières Des millions de petits producteurs (de moins de 10 hectares) des pays en développement sont encore obligés trop souvent d’accepter des prix démesurés pour vendre leurs récoltes. Ces prix qui ne couvrent même pas leurs besoins élémentaires, comme nourrir leur famille, envoyer leurs enfants à l’école et épargner un minimum… Les producteurs les plus pauvres sont écartés du commerce international ou lorsqu’ils y ont accès, ils ne peuvent en tirer des revenus décents.

Les consommateurs n’avaient aucune information sur les conditions de production et les règles de commercialisation des produits qu’ils achetaient. Grâce au travail de sensibilisation de nombreuses Organisations Non Gouvernementales (ONG), d’organisations de commerce équitable, de syndicats, de mouvements de défense de l’environnement, de journalistes… Maintenant de nombreux consommateurs ont pris conscience de ce problème. Ces consommateurs ont donc choisi d'aider les petits producteurs pour changer cette situation.

Face à ce problème, le commerce équitable propose aux consommateurs et aux entreprises ,une méthode d’action simple et réaliste pour améliorer la situation des producteurs du Sud, en achetant des produits du commerce équitable ou en stockant et en faisant la promotion des produits. Plutôt que redistribuer les richesses sous forme de dons, ce concept propose d’ouvrir des marchés dans les pays riches aux petits producteurs des pays pauvres afin qu’ils puissent vendre leur production et en vivre. Les produits sont achetés à un prix décent et sans spéculation ce qui permet aux producteurs de subvenir à leurs besoins élémentaires. Le commerce équitable est issu de mouvements de citoyens attachés aux principes de solidarité envers les populations du tiers-monde.

 

Au travers des campagnes du commerce équitable, les citoyens peuvent aussi encourager les hommes politiques à introduire des règles dans la législation internationale. Ces règles de la production et du commerce permettraient d’assurer un commerce encore plus équitable.

 

2-Les moments clés du commerce équitable

1860 : Naissance de Max Havelaar, héros d’un roman sur l’inégalité du commerce entre l’Indonésie et les Pays-Bas.

1964 : Conférence de la CNUCED (conférence des Nations Unies pour la coopération et le développement) : « Le commerce, pas la charité ».Naissance de la notion de Commerce équitable.

1969 : Ouverture du premier magasin de commerce équitable en Hollande.

1975 : Ouverture du premier magasin de Commerce équitable français : Artisans du Monde.

1988 : Lancement du commerce équitable dans la grande distribution par Max Havelaar et création de l’IFAT, Fédération Internationale du Commerce Equitable.

1992 : L’association Max Havelaar arrive en France.

1996 : Création de FLO.

1997 : Les trois labels de Commerce Equitable s’unissent dans FLO : Max Havelaar, Transfair et Fairtrade.

1997 : Création de la plateforme française du Commerce Equitable et introduction du commerce équitable dans la grande distribution française.

2000 :3000 magasins dans le monde, dont 2500 en Europe et 100 en France.

2005 : Jacques Chirac remet la légion d’honneur à Franz van der Hoff le cofondateur de Max Havelaar.

                    

3-Les objectifs du commerce équitable

Les principaux objectifs du commerce équitable sont :

-de garantir aux producteurs et aux ouvriers un contrat de travail et un salaire décent en fonction de leurs besoins et de ceux de leurs familles

-de garantir le respect des droits fondamentaux des personnes (refus de l'exploitation des enfants, du travail forcé, de l'esclavage...)

- de mettre en place des relations directes, durables et transparentes en les partenaires commerciaux

- de préserver l’environnement

- de proposer aux consommateurs des produits de meilleures qualités

 

4-Etats des lieux

A)Les chiffres du commerce équitable 

En France, le chiffre d’affaire des produits labélisés  réalisé  par l’ensemble des acteurs du commerce équitable fut de 210 millions d’euros en 2007.

Dans le monde, le chiffre d’affaire total des produits issus du commerce équitable fut de 2.4 milliards d’euros en 2007, l’équivalent d’une hausse de 47%.

Chiffre d’affaire en millions d’euros réalisé en France :

 

  Source www.ethiquable.com

En 2007, un français a dépensé en moyenne 3.30 euros pour l’achat d’un produit Max Havelaar, soit une augmentation de 20%.

En mars 2008, huit français sur dix connaissent le commerce équitable. Parmi eux les trois quarts perçoivent le commerce équitable d’une manière positive. Un français sur deux pense savoir exactement ou assez bien ce qu’est le commerce équitable. Neuf personnes sur dix trouvent que les produits du commerce équitable sont issus d’une bonne qualité. Le label Fairtrade/Max Havelaar est perçu par les français comme le label de référence pour le commerce équitable : parmi les français connaissant ce label, 88% lui font confiance. Une famille française sur quatre a acheté au moins un produit labellisé en un an. Tout au long de l’année 2007,500 000 nouveaux foyers en sont devenus consommateurs, soit un total, à la fin de l’année 2007, de 6.5 millions de foyers.

Consommation en euros pas habitant et pas an en France :

  Source www.ethiquable.com

 

Les achats de la population française ont des répercutions pour 168 organisation de producteurs réparties en 44 pays d’Amérique Latine, d’Afrique et d’Asie, soit plus de 250 000 producteurs bénéficiaires.

Au total, dans le monde, 1.5 millions de producteurs ou d’artisans vendent tout ou une partie de leur production dans les conditions du commerce équitable, au sein de 632 organisations situées dans 59 pays.

Il y a un environ 7.5 millions de personnes qui en bénéficient directement ou indirectement.

 

Organisation de producteurs certifiés exportant en France :

 Source www.ethiquable.com

 

B)Le fonctionnement du commerce équitable

Les premiers concernés par le commerce équitable sont bien sur les producteurs locaux  des pays du Sud venant surtout d’Amérique Latine et d’Afrique. Les produits vendus ne sont pas exclusivement le café mais aussi la production de bananes, miel, thé et produits artisanaux (l’artisanat africain).Normalement ils vendent leurs produits à des intermédiaires locaux au cours mondial du marché qui est souvent désavantageux pour eux. Grace au commerce équitable, ils peuvent vendre leurs produits sur place, sans intermédiaires, à un bon prix aux organisations qui gréent les labels du commerce équitable. Par exemple, la livre de café est achetée à 126 centimes de dollars au minimum même si le cours mondial s’effondre pouvant aller jusqu’ à 70 centimes de dollar comme lors de l’été  2000.

 

C) Les principaux lieux de vente

 

Aujourd’hui, les produits équitables font partie de la vie quotidienne on peut donc en trouver dans la plupart des lieux où nous faisons  nos courses :

-les grandes et les moyennes surfaces

On peut trouver maintenant trouver dans pratiquement toutes les enseignes de grande distribution  des produits garanties commerce équitable par Max Havelaar. La plupart du temps on peut les trouver dans les rayons habituels du produits concernés ou alors dans présentoirs réservés à ces produits.

-les boutiques spécialisées

On peut trouver ce type de boutique dans les villes.Ce sont les premières à avoir vendu des produits du commerce équitable.

-la vente par correspondance

Sur internet ou sur des catalogues,on peut aussi trouver des produits équitables.

D)Le commerce équitable en Rhône-Alpes

La Région Rhône-Alpes souhaite elle aussi contribuer à un développement plus juste en intégrant les principes du commerce équitable à sa politique régionale. En octobre 2004, elle a adopté un plan régional d'aide au commerce équitable. Ses principales actions sont:

 

- d'appuyer les producteurs locaux dans la mise en place de moyens leur permettant  de respecter les principes du commerce équitable ;

- de soutenir la création de filières en associant les habitants ;

- de moobiliser les habitants à travers des actions d'information et de sensibilisation ;

- d'accompagner les collectivités régionales qui souhaitent s'engager dans une démarche de commerce équitable.

La Région Rhône-Alpes est maintenant constitué de 25 boutiques "Artisans du Monde".Leur chiffre d'affaire est de l'ordre de 2 millions d'euros.Les perspectives d'évolutions du commerce équitable dans la région sont le développement d'acteurs privés de commerce équitable sour forme de petites entreprise,le développement de quelques filières de commerce équitable avec quelques acteurs rhonalpins,le développement d'un partenariat avec d'autres producteurs locaux et le développement du tourisme solidaire.

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