Annexes

Interview de Mme Soyart,responsable du magasin "Artisans du Monde" à Saint-Claude

 

1)      Depuis quand ce magasin « Artisans du monde » existe ?

L’Association du monde créé en 2003 et nous avons d’abord fait quelques petits  marchés et ensuite on est partis avec l’idée de faire un magasin. Pour ouvrir un magasin, il faut aussi des bénévoles pour assurer les permanences. Nous avons eu la chance d’avoir l’association La Fraternelle qui nous a accueillis avec un bail précaire mais justement l’avantage, c’est que cela nous permettait de voir si c’était faisable ou pas.  Donc on a attaqué en septembre 2004 et beaucoup étaient, pas pessimiste, mais qui disait, on va faire Noël et après on va se rendre compte que ce n’est pas forcément rentable parce que c’est une petite ville. En fait, on a très vite démarrés et on a été viable dès la première année, on a réussi à rembourser les emprunts en deux ans, donc là on est complètement autonomes de ce côté-là.

 

2)      Pourquoi avez-choisi de diriger un tel magasin ? C’était plutôt pour l’aspect financier, un choix de votre part ou alors une opportunité que vous avez saisi ?

Alors d’abord, je ne dirige pas le magasin, je tiens à corriger cela, c’est l’Association qui dirige le magasin.  Il y a une direction collégiale, chacun ayant des responsabilités, moi c’est la gestion du magasin, d’autres c’est la trésorerie, le côté plaidoyer puisque l’on a plusieurs piliers, le secrétariat, etc.… Pourquoi j’ai choisi cela et pourquoi je me suis engagée ? En fait, moi au départ j’ai adhéré à Artisans du Monde en 2003, j’étais dans le groupe qui a cofondé Artisans du Monde à Saint-Claude, au départ c’était beaucoup plus le côté plaidoyer qui m’a intéressée, c'est-à-dire faire concrètement ce que je croyais, appliquer mes convictions. Et puis en fait, issue d’une famille de commerçants, j’ai tout de suite pris, étant en retraite, la gestion du magasin et je trouve qu’effectivement, cela n’est pas un commerce comme les autres puisque quand on vend un produit, on vend aussi le concept Artisans du Monde.

 

3)      Où approvisionnez-vous ?

On s’approvisionne dans une centrale d’achat spécifique où l’on est contraint d’acheter 75 % de nos marchandises. Sinon, on achète à Idéo pour les vêtements puisque on ne les  trouve pas Solidar’monde, tout ce que l’on ne trouve pas Solidar’monde , on l’achète ailleurs.

 

4)      Quel est votre chiffre d’affaire ?

Notre chiffre d’affaire à Saint-Claude était en 2008 de 60'000 Euros, il est descendu à 54'000 Euros en 2009 en raison de la crise et de la baisse du pouvoir d’achat sur Saint-Claude.

 

5)      Quels sont vos marges sur les produits en moyenne ?

En moyenne, les marges sont pour l’alimentaire de 25%, et pour l’artisanat 40% sachant que nous reversons une cotisation sur le chiffre d’affaire de 7,25% à la fédération Artisans du Monde.

 

6)      A votre avis, pourquoi les gens achètent du commerce équitable ?

Pour 3 raisons, la première pour la charité, la deuxième parce que ce sont des produits qu’ils leur plaisent et surtout, surtout maintenant parce qu’ils savent qu’en achetant, ils achètent un concept  et qu’ils veulent agir.

 

 

7)      Quel type de client avez-vous dans votre magasin ?

On en déduit le client caritatif, le client conventionne et le client, que l’on appelle, consommateur citoyen.

 

8)      Combien dépensent en moyenne vos clients ?

On n’a pas fait le tour du ticket moyen, c’est à peu près 20 Euros en moyenne.

 

9)      Quels sont les produits les plus ciblés

Dans l’alimentaire, le café, le thé et le sucre, mascobado essentiellement qui est un sucre complet bio, excellent. Autrement, en artisanat, on vend un peu de tout, le produit typiquement culturel et puis d’autres produits  parce qu’ils ont été faits dans des conditions correctes.

 

10)   A votre avis, pourquoi les gens achètent du commerce équitable ?

Parce que la majorité des produits que l’on vend viennent de la matière première, la transformation est relativement courte et on cherche à apporter aussi des cafés torréfiés sur place.

 

11)   Est-ce que le commerce équitable a ressenti ? Si oui de quelles manières ?

Oui, oui bien sûr, on a ressenti la crise parce que le produit est à peine plus cher  et puis surtout sur l’artisanat.

 

12)   Est-ce que vous pensez que le commerce équitable est juste une mode passagère ?

Il ne faut pas que cela soit une mode. C’est vrai que la grande distribution, le marketing…, il ne faut pas de leurrer, la grande distribution fait du commerce équitable pour avoir des clients, pour redorer un peu leur image de marque. Donc le risque, c’est que cela peut être une mode mais par rapport à la grande distribution. Nous, on existe depuis 1973, cela fait 37 ans, cela ne peut pas être une mode.

 

13)   Comment voyez-vous l’avenir du commerce équitable ?

L’avenir du commerce équitable est incertain parce que le commerce équitable se fait doubler par la mode bio mais aussi sur tout à cause de la grande distribution, l’esprit du commerce équitable est banalisé. Ils recherchent seulement à faire du profit, c’est pour cela qu’ils achètent des produits du commerce équitable. Il faut que les magasins spécialisés se maintiennent dans cette voie et proposent peut être une autre manière différente de commercialiser et de  vendre leurs  produits pour maintenir leurs clients et en attirer d’autres.

 

 

                     Interview Mme Soyart partie 1

                     Interview Mme Soyart partie 2

Interview de Mr Gallerand, chargé de mission commerce équitable en Rhône-Alpes

 

1) En quoi consiste votre rôle dans la région ? Quand ce poste a-t-il été créé ?

Je suis chargé de missions Rhône-Alpes : accompagnement de la création et du développement de filières de commerce équitable avec le Burkina Faso et le Vietnam, animation régionale pour développer des actions éducatives auprès des lycées et des opérations "manger équitable" dans la restauration scolaire sur 3 départements. Le poste a été créé en mars 2006. Mon employeur est la Fédération Artisans du Monde dont le siège est à Paris.



2) Quel est l’importance du commerce équitable dans la région ? (Chiffres d’affaire, nombre de magasins, profils de consommateurs, idéalement une idée du approximatif de consommateurs …)

Le chiffre d'affaires des 25 boutiques Artisans du Monde en Rhône-Alpes est de l'ordre de 2 millions d'euros. Les consommateurs sont par ordre d'importance les bénévoles eux-mêmes de l'association, des consommateurs "militants", une clientèle de quartier, des touristes lorsque la boutique est dans une zone touristique.



3) Selon votre expérience, que recherchent les clients du commerce équitable (produits naturels, soutien aux producteurs...).

La cause mobilisatrice est d'abord le soutien des producteurs des pays en voie de développement.



4) Quelles sont les perspectives d’évolution du commerce équitable dans la région ?

Développement d'acteurs privés de commerce équitable sous forme de Très Petite Entreprise qui sont sur des marchés de niche, développement de quelques filières de commerce équitable avec certains acteurs rhônalpins (plate-forme logistique, filières coton), partenariat élargi avec d'autres familles d'acteurs telles que les producteurs locaux, le tourisme solidaire...



5) Quels sont les principaux produits de commerce équitable en région Rhône Alpes ? Quels sont les plus vendus ?

Je ne peux pas répondre à cette question. Il n'y a pas d'évaluation. Au niveau national, ce sont le café, le thé, le chocolat qui sont principalement vendus.



6) Où les magasins s’approvisionnent ils (centrale d’achat en France ou achat direct auprès des producteurs locaux dans les pays) ?

L'approvisionnement des magasins Artisans du monde se fait principalement (80%) auprès de la centrale d'achats SA Solidar'Monde.Solidar'Monde travaille avec près de 130 fournisseurs différents répartis en Asie, Afrique et Amérique Latine. Le reste de l'approvisionnement est réalisé aussi auprès d'autres sociétés reconnues "commerce équitable" par la PFCE : artisanat SEL, Artisal ou Idéo

 

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